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(Quand la culture de la culture passe par l’école !...)
C’était la fête, toute cette semaine, au collège Sidi Mohammed Ben Abdallah, juste à côté de la Province et du Commissariat Central d’El Jadida…Et une fête pas comme les autres… Pardi ! On célébrait l’anniversaire de la libération de Mazagan, en mars 1769 par les soldats marocains sous la bannière du sultan Sidi Mohammed Ben Abdallah. Cet illustre nom a plus qu’un nom, ici. Il a aussi un visage: Un portrait immense peint à la main sur les murs à l’entrée et dans la cour du collège. Plus d’un millier d’élèves avides d’en savoir plus sur celui qui a donné son nom à leur établissement, des professeurs motivés, une association de parents dynamique, le tout encadré par une équipe de direction efficace…Il n’en fallait pas plus, mais c’était l’essentiel et l’indispensable, pour donner à cette commémoration une dimension unique.
Bien sûr, il y a eu d’abord une évocation historique tracée à grands traits: Aboulkacem Chebri, Directeur du Centre du patrimoine maroco-portugais a énoncé les différentes étapes de cette colonisation portugaise et de cette lutte pour la liberté, en insistant sur la nécessité de préserver les monuments qui existent encore après avoir jalonné cette histoire.
Brahim El Kalii a évoqué les réalisations de l’association de la Cité portugaise qu’il préside pour que cette histoire-là soit toujours vivante au cœur des Jdidi et votre serviteur a esquissé brièvement les raisons stratégiques de la présence portugaise à Mazagan et celles de son départ. Quelques élèves ont eu aussi à évoquer cette période-là, d’une voix émue, en arabe et en amazigh… sous les applaudissements nourris de leurs camarades.
Mais l’essentiel de la manifestation résidait, m’a-t-il semblé, autour de cette évocation historique: Le collège avait en effet transformé quelques unes de ses salles en véritable musée des traditions : Des élèves s’appliquaient à filer ou à carder la laine, à tisser les fils, à tourner la farine pour en faire du couscous, à broder, à teinter au henné, à faire du thé… ou à psalmodier comme dans les écoles coraniques, au milieu d’outils et d’ustensiles anciens… Et le clou de la journée fut la présentation des cérémonies de mariage… C’était beau. Beau avec un grand B. Beau et touchant. Une élève était habillée en mariée ; un élève était habillé en marié… avec tout le cérémonial, les you-you, les applaudissements, les flûtes, les tambourins, les danses… et deux jeunes cavalières, qui paradaient.
Tout cela était fait comme si c’était un jour de fête. Sauf que là, on parlait culture, on montrait la culture, la vraie, celle qui ne doit jamais disparaître de nos mémoires ; Notre passé, nos traditions. Avec pas beaucoup de moyens, on est allé à l’essentiel. Une volonté farouche de quelques-uns a suffi pour que tout un collège se mette au diapason de cet anniversaire de la libération de Mazagan. Une façon de ne pas oublier que des marocains sont morts par milliers pour que leur royaume recouvre son intégrité… et que d’autres combats restent encore à mener. Une façon aussi, essentielle, d’inculquer à nos enfants, le goût de la culture…. et du respect de la mémoire. Et des traditions…. « Touche pas à mon pays », lit-on inscrit sur le mur de la classe ! C’est plus qu’un programme, c’est une conviction.
Au moment de nous séparer des organisateurs, nous avons parlé aussi d’une autre culture, elle aussi essentielle. La cour de l’école est grande. Il y a des arbres! Nous y ajouterons quelques caroubiers…Ils grandiront ainsi en même temps que les élèves. 
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C'était une vraie fête au sens large du terme. J'ai eu la chance d'y assister.
Je tiens à rendre un vibrant hommage aux corps pédagogique et administratif du collège Sidi Mohamed Ben Abdellah, aux élèves, à l'association des parents d'élèves dignement représentée par hadj Nejdi, mais aussi et surtoût à madame Alaoui, enseignante qui a tout orchestré.
Un grand merci à Michel, à Chebri, à Brahim et aux autres.
En regardant les élèves de ce collège dans leurs oeuvres, je peux vous dire que notre jeunesse se porte bien.
Bravo!