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Fraîchement retraité, Kainhnna traînaillait les pas.
Bien que chancelant, il ne ployait pas.
Pour ses maigres repas, tout était fada.
Il se contentait d'une miche et d'un soda.
Bousillé, Kainhnna bataillait à petits pas.
De ressort d'ara, il n'était plus qu'un amas !
Il croupissait à vue comme un cadenas,
À même un drap sur un très vieux matelas.
Bien que gaga, Kainhnna tenait à son dada,
Lui qui filait des bas et aimait le damas.
Ce constat délicat fit état d'un contrat
Vil selon magistrat et avocat de Kainhnna.
Tendre est l'éclat qui maquille les appas.
Dans le débat, on pensa aux harmonicas :
« Kainhnna fut élu parmi des milliers de cas
Qui, en apparat, attendaient le trépas ».
Tous les jours d'ici-bas, Kainhnna en aérostat
Traversait, barda au dos, des dangers en tas.
La baraka sauva sa tête de soldat
Qui se donna en appât lors des combats.
De par notre sang chaud, pagaille ou pas,
On se démène pour ne pas descendre bas,
On se croit le plus beau, le top, échec et mat.
Kainhnna retrouva son agenda au bas-mât.
Dans le contrat moisi au sein de l'agenda,
On pouvait relever grosso modo en gras :
« Le soussigné Kainhnna, tant qu'il est sur ses pas,
Doit prouver qu'il est, ici-bas, par-ci, par-là ».**
Moussa Ettalibi, Dr. Sci., Rabat le 19-03-2010
*Le nom de Kainhnna évoque qu'il est là.
**Les pensions de retraite sont suspendues dès le début de chaque année tant que le retraité ou la retraitée n'a pas fourni un certificat de vie ! Cette formule manque totalement de tact. Ne serait-il pas possible aux organismes de retraite de vérifier automatiquement l'état de leurs pensionnaires via l'état civil informatisé ? Kainhnna aura-t-il cette chance de ne jamais justifier sa présence auprès de la caisse de retraite ? |
Je vous invite à méditer la dernière strophe de mon poème "la retraite et le monde des oubliettes" publié le 30 mars 2008 (http://www.eljadida.ma/actualite_news_el_jadida/la-retraite-et-le-monde-des-oubliettes-a1748):
« Lis, écris, pense aux actes de la geste :
Un jour, chacun retournera sa veste
Et tout deviendra simplement obsolète !
Car nul besoin d’être riche ou vedette !».