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C'est un samedi bien ensoleillé quand je débarque à El Jadida .Je me rempli les poumons par cet air iodé, réflex de chaque Jdidi, et je regarde d'un œil nostalgique le premier barrage de police. Oui c'est nostalgique, on reconnait tout de suite les policiers.
Je rentre chez mes parents, je jette un coup d'œil au quartier, aux gens du quartier. El Jadida ne cesse de grandir dis-donc !et les jeunes on ne les voit quasiment plus.
Vers la fin d'après midi, je prends la voiture et je fais le parcours « commun », si ce n'est « automatique » de beaucoup de Jdidis. Quelle horreur !! C'est l'invasion impitoyable du bêton. Des maisons multicolores, incohérentes entre elles, formant une sorte de toile bizarroïde. C'est moche.
Je me rends à Sidi Bouzid, rien n'a changé. A vrai dire, je n'ai pas trouvé où me poser tranquillement pour boire un verre avec ma petite famille. « Non, c'est parce qu'il n'y pas d'espace vert qui s'est rajouté et il n'y a plus d'espace pour famille, tla3 el casa wou dour», raconte un serveur de café.
Aussi, je n'ai remarqué aucun espace culturel qui s'est rajouté. Mon dieu comment font les jeunes, où-est ce qu'ils sont les étudiants des facultés, où peuvent-ils savoir qu'on peut lire… ?. Beaucoup de jeunes Jdidis quittent la ville pour « s'épanouir » ailleurs. El Jadida est agonisante pour un jeune ambitieux.
El Jadida est devenu "l'eldorado".On peut faire à priori beaucoup d'argent dans un temps record, il suffit d'appartenir à la tribu de flan ou être le ben ouioui de 3élan. Flan, 3élan et leur adorateurs sont tous des non Jdidis et ont un objectif précis : « se faire du fric ».
L'invasion du bêton est une tendance Marocaine commune à la majorité des villes.Beacoup ont vu le jour, d'autre sont extensions. Mais El Jadida (ou Mohammedia) restent des villes qui ont subi une « destruction » identitaire.
L'informel règne en mettre. La ville est censée être un pôle, une locomotive qui permet de développer le secteur culturel, économique et social d'une région. Au Maroc c'est les villes qui se font tirer vers le bas, vers la case de départ.
Le développement des régions à du bon chemin à faire… |
En tant que Jdidi de souche,j'ai toujours affirmé que la ville d'El jadida était un petit paradis terrestre,une perle rare.Mon amour pour cette ville est illimité,indescriptible.Néanmoins,j'y ai passé paradoxalement une enfance triste,mélancolique.Car à une époque où certains Français,pour la plupart des coopérants dans l'enseignement,menaient une vie très aisée,la majorité écrasante vivaient dans l'indigence et le dénuement total.Tous jeunes,les enfants de cette époque regardaient non sans amertume "les étrangers" profiter de toutes les distractions et sports qu'offraient cette ville tel le tennis au club du parc Spiney,l'équitation à "Larmoud"(la remonte), les sports nautiques à la Darse au port ou les spectacles donnés au théâtre municipal,alors,ils se défoulaient à longueur de journée en courant derrière un ballon dégonflé le long de la plage .Maintenant,je constate que le niveau de vie de beaucoup de gens a considérablement évolué à Eljadida et qu'une grande partie des jeunes sont "gâtés" par la conjoncture actuelle.Ce qui est réconfortant et permet d'émousser les frustrations que ma génération a vécues.