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Actualités El Jadida // Arts et Culture

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Ajouté le 07 Août 2010
Par le membre aithnitchhs

 

Mirages de DOUIB CHOUAIB ou l’enfance volée de MAZAGAN des années 50

 

Auteur : Tarik BOUBIYA

 

 

Abdallah me remit le roman en étant persuadé que ce petit bout de livre (186 pages édité par l’imprimerie l’étoile) va m’intéresser :
- Tiens, lis ce roman il va te plaire. Moi j’ai beaucoup aimé, il me rappelle des bribes de mon enfance !
La scène s’est déroulée au café Face à la mer par une matinée très ensoleillée, sous le regard indiscret du serveur « chauve » qui ne sourit jamais.

D’habitude, quand je commence à lire un roman intéressent, je ne lui consacre que les moments délicieux de la vie : le café matinal un jour de repos, les pauses thé à la menthe du café « Face à la mer », les moments de répit aux alentours de minuit, quand toute la smala se meurt dans un profond sommeil… La lecture peut alors prendre des semaines entières vu la rareté des instants de pur bonheur. Mais cette fois-ci le roman de BOUAZIZ Bouchaib ne m’a pris que deux jours, tellement l’ouvrage était riche et prenant, décrivant une tranche de vie d’un orphelin dans ma ville bien aimée El Jadida.

Les premiers mots sont d’une rare franchise : l’auteur qui a entièrement financé son précieux ouvrage se confie au lecteur comme à un ami très intime ou un frère, il dit dans la première phrase d’une préface qu’il a décidé sienne : « Mirages » est en quelque sorte une plainte agonisante de tout vieillard qui n’a pas eu le droit d’être enfant…

Eh oui, notre homme est un senior jdidi qui nous conte les péripéties d’une enfance volée, une enfance passée dans la privation et dans la souffrance quotidienne, celle d’un orphelin acculé à composer avec le beau père que l’auteur ne s’est point gêné de nommer Bison, une bête humaine sans cœur et sans pitié, un type cupide et sadique à volonté. Bouchaib veut ainsi donner au bourreau qu’était son beau père une image de la robustesse de la nature inculte, face au petit être qu’il était, un anti héros nommé Brin de paille, remémorant ainsi l’enfant qu’il était et ses moments malheureux face à un monde odieux et criminel.

Un roman à lire et à relire, un livre criant de vérité sur ce qu’étaient le comportement barbare et injuste de certains de nos aïeuls. Moi personnellement j’ai retrouvé mon premier âge dans certaines raclées, ces volées de coups que nous recevions parfois injustement, pour un geste une omission ou une erreur, dont on n’était même pas responsable dans la plupart des cas.

J’ai lu en remémorant avec beaucoup de détresse le paradis terrestre qu’était Cap Blanc, cet oasis de bonheur qu’était JORF LASFAR avant l’installation du port, cette parcelle magique qui alliait les bienfaits de la nature forestière et rurale aux agréments des fruits de la pêche dans une baie magnifique. Je me souviens à mon arrivée à El Jadida en 1975, on pêchait la dorade et le sar dans l’eau verte et limpide du Cap Blanc.

Qu’est devenu ce site merveilleux et calme, peut être un ouvrage industriel baignant dans la pollution la plus abjecte des unités de production d’acide sulfurique, industries qui avaient été rejetées par le monde entier pour le saccage environnemental qu’elles déclenchent. Je vous laisse juge de l’issue malheureuse du terrain du cap telle que racontée par B.de paille à la mort du grand-père : « Quelques années après la mort du vieillard, l’Etat se saisit de ce qui restait du domaine du cap pour en faire un port, déshéritant ses descendants et avec eux les villageois avoisinant par un dédommagement dérisoire, qui lui même partit en fumée à cause des fraudes commises lors du déboursement »

Il y a lieu d’encourager cette littérature qui crie et vocifère à l’humanité toute entière les affres d’une période importante du passé de notre cité, un pan de l’histoire ou tout n’était pas forcement rose, un peu à l’image du jeune héros qui mena un combat acharné contre la meute d’adultes auxquels il devait faire face dans sa triste vie d’orphelin, spolié dans ses droits les plus élémentaires, son droit à avoir une enfance comme les autres, lui qui dit un certain moment dans le feu de la colère « pourquoi eux et pas moi… ».

Tarik BOUBIYA
"AHDATE DOUKKALIA"

 

 

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1. elkaddioui (28/8/2010 . Id:9338)

je suis natif d'El Jadida, celle que l'on appelait jadis la Deauville allusion à une belle ville normande en France. Etant, en toute modestie moi meme journaliste et écrivain installé à Paris, je salue cette initiative de roman qui a pour trame Mazagan. Moi meme j'ai publié en france une nouvelle à ce propos qui s'intitule EL BOUHALI , sorte de nostalgie d'un passé

2. HABIB JILALI (10/9/2010 . Id:9384)

Etant moi-même natif de cette merveilleuse ville,j'entrevois l'histoire de l'enfant qu'était C.DOUIB et qui est celle de la plupart des enfants de cette époque.Car même ceux qui avaient des parents vivaient dans le dénuement total.Seuls quelques privilégiés comptés sur le bout des doigts pouvaient prétendre à une vie décente.Parallélement à l'indigence et à l'indifférence de laquasi-totalité des parents qui ne voyaient en leurs enfants que le rendement pécuniaire qu'il pouvaient rapporter,la ville d'Eljadida offrait une nature paradisiaque.D'où le paradoxe qui alimente la mémoire de tout ceux qui ont vécu non seulement les années cinquante mais également la décennie d'après.
En lisant le roman de C.DOUIB,les jdidis de cette époque liraient leur propre histoire.Sauf que l'auteur a eu le privilège et la chance d'avoir eu les moyens de l'exprimer.

3. Lamyaa El Bastami (20/11/2010 . Id:9537)

El Jadida est ma ville natale: ce recueil de M. Douib chouaib, composé de dix épisodes, paraissant enchaînés mais en réalité, chacune d'elles donne sa propre thèse, son propre début, sa propre perturbation, ses propres péripéties et sa propre fin, ce qui présente aux lecteurs un choix individuel et majestueux à la fois, les surnoms aussi qui, à mon avis, montrent une culture abstraite et sans oublier aussi les vers que B.de paille chantonnaient: ils étaient grièvement féerique !! Je me souviens encore du jour où j'ai reçu ce recueil, je me souviens encore que c'était le vendredi 12 février 2010, quand j'étais invitée à une soirée poétique, à la fin de cette dernière: M.Douib nous les a distribués. C'était pour moi une chance de l'avoir eu de chez son propre écrivain et ce qui m'a majestueusement encouragé à le lire et merci!

 

 

 

 

 

 

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