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L’école, à laquelle j’allais, était un hangar
Ouvert par hasard aux bribes du Savoir.
Elle se situait au niveau d’un bras de mer
Donnant sur un vieux port aux portes en fer.
Par les temps rigoureux et humides d’hiver,
Par les temps lourds et suffoquant de chaleur,
Il fallait y aller de force ou de bon cœur
De peur de s’attirer la foudre du censeur.
Privé de luxe mais armé de patience,
Tous les jours, matin et soir, les sacrifices
Temporisaient mes actes sans artifices,
Marquant à jamais mon âme et conscience.
Tout cela m’a appris à persévérer.
Mais à force de subir, il fallait migrer.
Bien sûr, qui veut des droits doit les arracher
Au lux d’une simple bougie pour s’éclairer.
Pour le Savoir que n’a-t-on fait pour le maîtriser ?
Que de nuits blanches a-t-on passé pour réviser ?
Que de fois nos corps étaient forcés de jeûner ?
Et si l’abeille avait cessé de butiner ?
Hélas ! Les privations laissent plis et rides,
Sans compter les traces sur éphémérides.
Ainsi va l’aventure à cheval sans brides,
Quand le parcours traverse des champs arides. |
Pour la petite histoire, cette école du hangar "Hri", sise au début de l'actuelle Avenue de la Marche Verte, anciennement avenue Sidi Moussa, est devenue un magasin (retour aux sources en quelque sorte!). En 1955-1956, l'année de l'indépendance où j'ai décroché mon certificat d'études primaires, je l'ai passée à l'école de la résistance (Al Mouqawama), l'inaugurant par la même occasion. On faisait partie de la première promotion de l'indépendance. Je dois rendre hommage d'abord à mes instituteurs de l'époque Si TAOUFIQ qu'Allah l'ait en Sa Sainte Miséricorde et Yves BOUTEILLE, qui vit actuellement à Perpignan, que je salue amicalement. Je profite de l'occasion pour dédier ce travail à la mémoire de mon camarade Moussa JADRANI (mort peu de temps après) avec qui j'ai eu les premiers prix (Honneur et Excellence) remis par le premier Gouverneur d'El Jadida, Si Lhoucine LAYACHI, Qu'Allah l'ait en Sa Sainte Miséricorde.
Pour la mémoire collective, sachez que l'école, objet de mon poème, a été la pépinière pour plusieurs cadres juste après l'indépendance. Je citerai ceux que j'ai connus notamment Ettalibi Ali Taleb, Ingénieur Agricole Promotion Mohammed V mort le 1-10-1961, Shamel Mustapha, Ancien Super Caïd, Chtaïni, l'un des premiers buteurs du Maroc, Charafi Mustapha, Ancien Inspecteur des Finances, etc. A tous mes camarades du CM2, que je n'ai pu citer) et plus particulièrement les rares qui sont encore en vie, je souhaite une excellente santé et une terminaison heureuse.