Abdelkader MOTAA : le Roi de la Pub au Maroc

L homme est célèbre, un artiste hors pair, qui a sillonné tous les théâtres, tous les programmes télévisuels, les émissions, les feuilletons, les films, les spots publicitaires, bref un monstre de la communication. c’est le Roi de la Pub dans le Royaume sans conteste, en l’absence d’un rival dans le domaine

Dans la vie, je l’ai entraperçu au gré des promenades a Casablanca ou a El Jadida au café Deauville. Dans le célèbre quartier commercial « DERB OMAR », je l’ai rencontré par hasard un jour, accompagné de sa femme et de sa fille.

– Regarde c’est l’acteur ! me disait ma fille entre deux visites des commerces de tissus du mythique DERB OMAR.

L’homme est grand, jovial, a l’allure imposante, ses cheveux commencent a tirer vers le blanc argenté. La cinquantaine dépassée, c’est normal, l’âge bien s»r et puis, il y a le contrepoids de la vie d’artiste, qui n’est pas toujours facile. Dans tous les pays, dans toutes les cultures, l’artiste est toujours celui qui « encaisse », qui reçoit de plein fouet les aléas du quotidien, le contrepoids du système. c’est également celui qui dénonce, qui crie haut et fort sur la voie publique, celui qui s’élève contre l’ordre corruptible des choses de la vie, celui qui s’insurge a travers ses créations, celui qui dénonce les manipulateurs et les traitres de l’histoire.

L’été dernier, un soir du Ramadan, au moment du Ftour, je tombe sur la camera cachée de la chaine satellitaire télévisuelle 2M, la victime de la soirée : Abdelkader MOTAA. c’est son ami l’acteur Noureddine BIKRE qui s’était chargé de le piéger : il s’était amusé a simuler un cas de folie, de désœuvrement. Ils sont allés prévenir MOTAA en catastrophe, pour aider son ami qui, apparemment avait « flippé » et qui se trouvait a l’hôpital psychiatrique, parmi les déchets humains de la Société.

La camera tourne : Si Abdelkader arrive tout affolé, essayant tant bien que mal de raisonner son ami qui semblait a ses yeux, dépassé par la vieDurant quelques instants, MOTAA qui apparait catastrophé par l’état psychique déplorable de son ami, va user de toute sa patience, ramener son ami aux limites du sensé, et l’autre qui réagit en sanglotant :
– Vous m avez tous arnaqués, rendez moi mon argent, dit-il.
– Dieu m est témoin, dis moi tout ce que je te dois, lui répondit MOTAA, désespéré face son collègue qu il croyait perdu a jamais.

Ce sont ces quelques mots sincères et ô combien humains qui m ont persuadé de la bonté et de la générosité de notre homme.

Cette scène tragi-comique est restée gravée dans ma mémoire jusqu au jour ou je suis tombé nez a nez face a l’artiste. J étais dans le train El Jadida-Casablanca dans le même wagon que Si Abdelkader. Connaissant sa réelle modestie, la discussion s’est vite engagée et je me souviens comme si c’était hier de ses mots qui racontent le cursus modèle d’un comédien pas comme les autres, un homme d’une gentillesse inégalée, d’une expérience inédite dans le monde la Pub tant ses inventions ont marqué les millions de téléspectateurs a travers le pays et ce, depuis les années 70.

Tarik BOUBIYA
AHDATE DOUKKALIA