Apparition

APPARITION

To my Honey:

Ce fut comme une apparition ;

Tu étais assise au milieu d’un banc toute seule ou du moins tu ne me distinguais guère, dans l’éblouissement que m envoyaient tes yeux .En même temps que je passais, tu levas la tête, tu me vis et tes lèvres tracèrent un sourire éclatant et radieux. Tu avais de très longs cheveux ambrés, tressés, avec un ruban rose argenté, qui palpitait a la petite brise du matin. Tes bandeaux noirs, contournant la pointe de tes sourcils, descendaient lentement, et, semblaient presser amoureusement l’ovale de ta figure.

J avais déja éprouvé pour toi, comme un amour inconnu, comme un amour qui me fit éperdument attaché a toi ; tes lèvres et tes regards, tes yeux et ton sourire, ta peau et tes mains, le tout rassemblé harmonieusement dans un si beau corps. J avais envie de te caresser de t embrasser, maisnon ! Je sentais que tu m aimais, j ai évité de dire que je savais que tu m aimais, car mes sentiments sont toujours plus forts que mes affirmations, et mes sentiments ne se trompentque rarement !

Je le sentais avec tes regards doux et attendrissants, je le sentais grâce a tes gestes gracieux me dirigeant ici d’abord, puis la, puis ailleurs dans tes yeux, dans ton corps, dans ton cœur qui me regardait souriant, me guidait formellement vers un bonheur absolu, un extase noble et ultime, un amour réciproque intelligible et précis.

(« En fait, je ne sais pas moi-même pourquoi je suis entrain de décrire que ton côté physique ! Est-ce parce que c’est la manie de ne décrire que ce que l’on voit mais je trouve personnellement que c’est une description incomplète et insuffisante. c’est une sacrée habitude chez les gens de ne s’intéresser qu a ce qu ils voient, mais c’est apparemment lié a leur côté matérialiste de la vie, je ne vais pas commencer a philosopher dans ce sujet mais vous direz, vous qui lisez ce modeste écrit, comme d’ailleurs tout ceux a qui je dis ceci, que c’est parce que je ne suis pas encore « productif » que je m intéresse plutôt au bord spirituel de la chose, mais bon, chaque personne a sa conception et sa vision des choses. »)

Et, tout d’un coup, tu te levas, bien soigneusement tu rangeas ton bouquin, et tu te dirigeas versmoi. Mes genoux tremblèrent, mes pensées devenaient obscurs, mon cœur ne savait plus sur quel rythme danser : J avais peur ! Peur de qui ? Peur de quoi ? Peur de rien ! Jamais rien ne m a fait aussi peur. J ai failli m évanouir mais je m abstenais, comme a une torture inconnue. Des sueurs froides me lavaient, mon dos se courba, et mes yeux résistaient avec peine pour rester ouverts, pour voir, pour admirer, pour attendre ce qui allait ce passer. On dirait que j ai vu la mort, ou la vie, ourien ! Je devenais vide, creux, et sans résistance aucune.

Tu t approchais, a des pas décidés, mais toujours ta grâce et ton être suprême te guidaient. Arrivée devant moi, tu t es arrêtée. Tu me fixas pendant un long moment puis, tes lèvres humides s’écartèrent pour prononcer un mot, une phrase éternelle, sempiternelle, vivante et morte a la fois, une phrase de vie, d’amour, de cœur, de passion ou de beauté. Une phrase qui, je ne sais quoi dire, me ramena a la vie après une mort que je vivais il y a de cela près d’un siècle, car j étais délaissé, haï, rejeté, car disait-on j étais vide d’esprit, bête et imbécile ; et c’est vrai car je ne m appuyais sur personne pour me remettre de mes situations parfois trèscompliquées. Bref, c’était une phrase qui me faisait vibrer de l’interieur, qui faisait battre mon cœur a son rythme, un rythme qui, me sauva la vie. Guère je n’avais entendu une phrase aussi ardente aussi retentissante et br»lante. Un silence s’en suivi. Un silence qui dura le plus long moment que jamais je n’ai vécu auparavant.

Oh Dieu de l’amour, Dieu de la bonté ! Dieu de l’extase et de la fertilité, Dieu du rêve et de la beauté ! Dieu de la sagesse et de l’esprit, bénis nous. Toi tout puissant, rend nous heureux, car mon cœur et le sien, comme les étoiles et la lune, comme le soleil du jour, et les larmes de la nuit, semblent tous vous implorer, vous adjurer, vous, de les requérir pour vivre ensemble ; et a m aider moi, votre humble serviteur, a supporter le mal des hommes que vous avez créé, et a me guider a travers Elle, a savoir vous servir, vous craindre ; et a me comprendre.

Et ce fut comme une apparition…


Auteur/autrice