Halima DOUA : La GRANDE METAMORPHOSE

Cette artiste a su reprendre a son compte les leçons des grands maitres impressionnistes afin d’y apporter une variation et de la nouveauté sur le thème « paysage » ; La nature a la fois aride et luxuriante constitue pour elle un motif de choix qu elle arrive a reproduire grâce a un empâtement et par l’étalement des plans, la perspective atmosphérique délimitée par les couleurs.

L’œuvre de cette artiste a connu une totale métamorphose lors de sa dernière exposition a Tanger. Une maturité professionnelle s’installe dans le travail de Halima, se reflète dans le choix de nouvelles teintes et surtout a travers la force d’une touche, plus s»re que jamais.
Depuis ses débuts, Halima nous a habitués a l’introduction continue de nouvelles recherches dans son dessin. Un dessin qui a tendance a disparaitre sous la matière, sans pour autant échapper aux règles de la perspective, a l’équilibre de masse et a la contrainte.

«Dans mes œuvres, je cherche dans l’acte de peindre, ce geste « spontané » qui serait un prolongement de ma pensée, comme si l’expression de mon questionnement devait passer par le corps, mon corps. Il y a une certaine osmose, une certaine symbiose entre ma toile et moi. c’est une agréable symphonie interactive et dont je reste consciente tout au long de sa composition. Spontanéité qui ne signifie nullement improvisation, mais superposition logique de couches, de touches et de couleurs chargées de sincères émotions. c’est un ensemble de couches et de touches que j étudie avant de commencer ma toile. Chacune doit respecter les priorités qui sont les siennes et chacune doit trouver la place et la couleur qui lui conviennent ».

Les toiles qui n’étaient jadis, que délire de couleurs, force de teintes et feux d’artifice, d’une nature fraichement née, ont vu comme par enchantement la disparition presque totale du rouge et a un degré moindre du jaune, des couleurs naguère de prédilection.

Les couleurs actuelles sont adoucies, atténuées, voire totalement remplacées par des couleurs mauves ou plus pastel.
Et pour cause, cette nature qui, par le passé, n’était dessinée qu au printemps et en été au moment où ses couleurs arc en ciel chantaient, dansaient et faisaient la fête, est aujourd hui figée, froide, toujours d’une beauté a couper le souffle, mais une beauté qui incite plutôt au calme et a la méditation. Fini la danse, fini la fête, la nature est donnée a voir et a apprécier dans ses plus infimes détails.
Quant au noir qu elle bannissait de sa nature printanière, joyeuse vigoureuse et pleine de vitalité, s’il continue a ne pas apparaitre, le mauve, couleur presque nouvelle chez Halima peut tout en exprimant le sombre, représenter l’ombre, sans nullement gêner les yeux,. Une couleur douce, qui valorise les autres tons pour mieux refléter l’idée générale.

Toutes ces années de peinture ont abouti a une belle expression d’une artiste authentique a la personnalité très marquée. Et malgré son évidente expérience, elle demeure, profondément habitée par sa passion qui veut avant tout, communiquer et tracer un sillon pictural avec le souci constant de respecter la nature.
En tant qu ingénieure agronome attentive, elle exprime avec brio la splendide lumière de la Nature. Elle offre a chacune des toiles et ce, grâce a l’expérience acquise et a sa sensibilité, une vitalité et un langage où la qualité de la matière et la sureté de la touche a la brosse et au couteau, rappellent, mine de rien, un certain Van Gogh

Halima reste l’une de ces artistes contemporains typés, dont l’œuvre chemine sereinement vers une notoriété internationale.

Abdellah HANBALI
L’OPINION

Auteur/autrice