La Région Nord-pas-de-calais tisse des liens de plus en plus étroits avec le Maroc

Une délégation du conseil régional du Nord-pas-de-calais s’est rendue dernièrement dans la région de Doukaala-Abda, au Maroc, liée au Nord – Pas-de-Calais par des accords de coopération. Qui devraient encore se renforcer dans les années a venir.

Dit comme ça, c’est difficile a imaginer, mais il existe au Maroc une région qui ressemble a la nôtre. ceci près qu il y fait dix degrés de plus et que le tajine a la-bas un peu plus de succès que la carbonade flamande. Mais c’est un fait, la région de Doukkala-Abda, située entre Casablanca et Essaouira, a plusieurs points communs avec le Nord – Pas-de-Calais : région côtière, industrielle, qui rêve de se convertir au tourisme et en proie a des problèmes sociaux, pour ne citer que ceux-la.

Depuis 2005, des accords de coopération existent entre les deux régions et englobent un tas de domaines : aménagement du territoire, développement du tourisme, échanges associatifs, éducation, santé, culture, etc. d’où le déplacement, voila deux semaines, d’une dizaine de conseillers régionaux et de techniciens a Safi et El-Jadida, les deux principales villes de Doukkala-Abda, a la rencontre des autorités locales pour des réunions de travail.

« Pas de politique du chéquier »

Le conseil régional finance un certain nombre d’actions sur place et apporte surtout son aide technique dans divers projets structurants de cette région censée prospérer dans les années a venir. « Doukkala-Abda, c’est la Californie du Maghreb, estime Daniel Percheron, le président du conseil régional. Le développement va frapper a leur porte, ils vont accueillir de nombreux investissements. Il faut que nous soyons très attentifs a ce mouvement en finançant ce qui est a notre portée, sans tomber dans la politique du chéquier. » Ces échanges ont leurs limites : si le Maroc s’est engagé dans la voie de la décentralisation, le poids du pouvoir central est encore très lourd et freine parfois la coopération entre les deux administrations. Heureusement, le wali – sorte de préfet aux pouvoirs étendus – de la région est reconnu pour sa compétence et son dynamisme : « Il me rappelle qu il peut y avoir des grands préfets au sens gaullien du terme, confie D. Percheron, il incarne l’état entreprenant. » Reste a savoir si les relations entre les deux régions seront aussi prolifiques lorsque celui-ci quittera son poste…

« On avance »

Larbi Sabbari-Hassani, le wali en question, est manifestement convaincu par l’accord entre les deux régions : « On avance sur énormément de dossiers, assure-t-il. On n’a pas uniquement signé des papiers et émis des sentiments d’amitié. On voit des choses se concrétiser sur le terrain. » En particulier la création de la future école hôtelière (lire ci-dessous).

Côté français, on estime également que les accords de coopération n’ont rien d’une coquille vide : « On est en forte progression, considérait a l’issue de ces rencontres Ginette Verbrugghe, vice-présidente du conseil régional chargée des relations internationales.

Les services de leur région sont très mobilisés, ils connaissent les dossiers, on voit que la coopération est appropriée de part et d’autre. » « Il était indispensable, trois ans après la naissance de cette union, de faire le point, résume D. Percheron, ils nous ont impressionnés… »


La voix du nord

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