De l’eau potable pour 1.500 douars

L Office national de l’eau potable (ONEP) s’est donné pour objectif de desservir a plus de 90% toute la région rurale des Doukkala a l’horizon 2008. Une ambition de taille mais réalisable. c’est du moins ce qui ressort de l’étude réalisée par BET Projema. Etude lancée en 2003 et qui a co»té la bagatelle de 1,7 million de DH.

Les prospections du bureau ont permis de diagnostiquer la situation de la province. Les foyers ruraux puisent essentiellement leur eau potable dans les forages des puits, dans les «matfias» et dans une moindre mesure a partir des réseaux de transport de l’eau potable. Le constat est alarmant. Le taux de desserte se situe aux alentours de 40% avec parfois des systèmes qui ne sont pas très fonctionnels. A l’évidence, El Jadida affiche un retard flagrant par rapport aux autres provinces du Maroc. Elle est même classée parmi les régions les plus pauvres dans ce domaine. l’étude propose des solutions pour combler rapidement le déficit. «La ressource souterraine en eau affiche un débit de plus en plus raréfié a cause des années successives de sécheresse», indique Khalid Boumizane, directeur provincial Onep d’El Jadida. La surexploitation des nappes d’eau pour usage agricole a contribué a rendre la situation intenable. Les nappes phréatiques de la zone côtière affiche un degré de salinité élevé en raison de la présence d’eau de mer.

L’agriculture dans les régions de Chtouka et de Oualidia s’est ainsi sérieusement appauvrie. De même, l’usage abusif des engrais et des pesticides a gravement nui a la qualité des eaux souterraines. Pour assurer de l’eau potable aux ruraux, le projet de l’Onep s’est orienté essentiellement vers les ressources des barrages qui sont pérennes avec les qualités requises pour la consommation. Les quatre barrages Massira, Imfout, Daourate et Benmâachou le long de la rivière Oum Er-Rabia ainsi que la petite retenue de Sidi Daoui seront donc les pourvoyeurs en eau potable pour toute la province des Doukkala. Rappelons que la station de traitement de Daourate avec son débit de 5.700 litres/seconde dessert le complexe phosphatier, le port Jorf Lasfar et sa zone industrielle, la centrale électrique Jlec, Sonasid, Moulay Abdellah, Sidi Bouzid et la ville d’El Jadida. Le complexe de l’Onep de la province assure également 30% des besoins en eau potable de Casablanca. c’est la deuxième station de production d’eau potable après celle de Bouregreg. Cette dernière assure l’approvisionnement de l’axe Salé/Rabat/Benslimane/Casablanca.

Le schéma directeur mis en place par l’Office d’El Jadida prévoit l’approvisionnement de plus de 600.000 habitants. Ce qui permettra de desservir les 47 communes rurales de la province comprenant quelque 1.500 douars. Le montant des investissements est estimé a 1,2 milliard de DH. Le programme nécessitera la pose de 3.000 km de conduites d’eau, la réalisation d’une quarantaine de réservoirs, de 38 stations de pompage et la construction de 1.500 bornes fontaines. Une station de traitement a partir du canal d’irrigation haut service de l’Ormvad (Office régional de mise en valeur agricole des Doukkala) est aussi au programme. Cette nouvelle station permettra de desservir les cercles de Sidi Bennour et Zemamra dont Oualidia ainsi que le nord de Safi. Les études topographiques sont en cours de réalisation pour estimer le co»t du projet.

Station Mazagan, l’autre priorité

L’approvisionnement de la station Mazagan d’El Haouzia est aussi d’actualité. En projet, la pose de 33,2 km de conduites avec la construction des ouvrages annexes. Ce qui nécessitera des investissements supplémentaires de l’ordre de 89 millions de DH. Les travaux ont été entamés en avril dernier et devraient durer 12 mois. «Les travaux sont accélérés afin d’accompagner les aménagements de la station touristique», indique le directeur provincial de l’Onep. Le projet permettra également de desservir les douars des communes rurales de Chaibat, Ouled Rahmoune et ceux de Haouzia.

Mohamed RAMDANI
Leconomiste.com

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