Il fut un temps

Le temps invite le temps
Les vivants meurent assoiffés de printemps
Les morts vivent dans des abysses latents
Les êtres scrutent la froideur des choses
Les éléments vibrent entre action et pause

Le présent est un mort-né que nourrit le temps
Balise de revirement des choses qui muent
Pour d’autres choses figées et tenues
Le socle bouge et on s’y repère
Le temps nous habite et on s’y perd
croire que le temps n’existe guère

Un temps cadencé en demi-ton
Les uns auront juste le temps pour mourir
D autres auront le temps de peiner
Pour plaire et se pavaner
Ou briguer quelques vaines plénitudes
Pour des souvenirs pesants et rudes
Reliques br»lantes qui empêchent la mue
Des temps et des visages qui hantent a jamais
La mémoire des êtres qui se croient libérés

J ai beau être poète et songe-creux
Mon sommeille est craquelé toutes les nuits
Par le martèlement du temps des pendules
Et des moments qui passent et ondulent
Je rêve d’une vue aérienne de ce que je suis
Pour voir le monde qui nous a élevés
Et le temps que nous avons tissé
Et que nous déplorerons a jamais.

Hasnaoui Mustapha
Eljadida.com

Auteur/autrice