Parcours et témoignage d’un Mazaganais

Louange a Allah ; que les éloges et la paix soient sur notre Maître, notre Prophète et bien-aimé le Messager d’Allah Sidna Mohammed.

Bonjour tout le monde,Ramadane Moubarak Saïd !

Malgré mon jeune âge a cette époque nostalgique correspondant au soulèvement populaire du 20 Aout 55, et sans me jeter des fleurs, je croyais fermement que la vocation d’un homme est d’être utile, ce qui n’était aucunement pas mon cas, moi qui étais constamment admonesté par Fqih Si Bouchaib, que Dieu bénit son âme, au lieu que je sois au banc d’une école publique comme mes semblables « ouled derb ».

A vrai dire et pour ne rien vous cacher, j en avais plein la « nénette » puisque je ne cessais point de broyer du noir et de ruminer pendant ma scolarité coranique.

Pour cette raison et a vue de nez, j ai pris apodictiquement la délicate et courageuse décision de quitter l’école coranique après avoir cogné avec mon « Louha » la tête du Fqih pendant sa prière (geste que je ne cesse constamment de le regretter) en vue de consolider mon refoulement de cette école a régime draconien.

Ce fut la le prélude d’un changement notable dans le parcours de ma vie infantile qui se dessina, va me permettre assurément de ne plus être malheureux comme les pierres, d’aller apprendre, après avoir appris abruptement les 140 Sourates du Coran Vénéré, le métier de coiffeur, pour lequel j avais une grande attirance a mon âge précoce, et auquel je réserve même aujourd hui a un âge avancé, un amour éternellement immuable.
Mes parents et mon frère aîné Si Mohammed que Dieu Tout Puissant bénit son âme, ont délibérément, désapprouvé ma façon de recourir a la violence vis-a-vis du Fqih Si Bouchaïb, et par conséquent apprécié en fin de compte, ma décision qui était claire et nette comme deux et deux font quatre, respecté mon choix d’aller apprendre un métier qui va m’assurer certes un avenir meilleur.

Cette grande école a la fois socioculturelle et en même temps psychologique, en l’occurrence le noble métier de coiffeur que j ai toujours considéré comme l’un des métiers des plus beaux et des plus instructifs au monde, puisqu il permet a son pratiquant de se mettre en rapport direct avec des personnes de différentes marottes.Ce même métier tant convoité, va vraisemblablement me permettre, a moi qui étais un enfant en avance pour mon âge, d’esprit plein d’aventures rocambolesques, de m éloigner d’enfants chapardeurs, pour ainsi échapper a la déliquescence infantile, qui pourrait un jour ou l’autre me pousser a commettre involontairement un impair, voire même une scélératesse.

Apprendre ce métier de bon aloi, entrer dans cet univers socioculturel particulièrement attachant et magique, riche en « relationnel », actif, plein d’enseignements, a constitué pour moi une opportunité tout a fait exceptionnelle, me permettant ipso facto de démêler l’imbroglio qui a bouleversé quelque peu ma vie d’enfant, et par conséquent de trouver la sérénité dont j avais tant besoin a cet âge plein d’idées aventurières.

Début décembre 1956, j avais a peine 11ans révolus. A mes yeux ce fut une ère nouvelle qui s’ouvra aussi bien pour moi que pour tout le Pays en liesse pour avoir trouvé une liberté tant convoitée, payée au prix fort, après cinq décennies d’impitoyable colonisation française.

Maâllem Ahmed, que Dieu Tout Puissant lui prête longue vie, maître coiffeur, pur « produit Farji » de souche, assisté de son adjoint Mostafa Ould Hanafi, un vrai Mazaganais, m ont accepté facilement parmi eux ; tous deux âgés respectivement de 25 et 20 ans ; tous deux coiffeurs chevronnés, exerçant dans un petit salon bien aménagé d’une superficie de 20 mètres carrés env., situé au milieu d’autres salons de coiffure alignés, jouxtant la grande Mosquée Belhamdounia sise au “Souk lakdim (vieuxmarché).

Les miroirs, les lavabos, les fauteuils de coiffure et autres accessoires achetés a un dentiste juif qui s’est précipité a quitter expéditivement mais définitivement le Maroc. Ce matériel dans un état impeccable, acheté a un prix dérisoire, a été soigneusement rafistolé, peaufiné, puis installé judicieusement. l’ensemble était totalement disposé d’une manière tout a fait rationnelle mais attirante.

Il m arrivait chaque après-midi, de m installer confortablement sur une chaise devant le salon a un moment où l’activité de coiffure est mise en veilleuse pour contempler cependant les passants, particulièrement les élèves parmi eux ; l’air penaud mais pensif.

Ce jour-la, ce fut le dernier jour de l’année scolaire 58-59, un essaim d’écoliers défilèrent nonchalamment devant moi assis sur une chaise devant le salon où j étais apprenti coiffeur, l’air hagard mais méditatif ; les uns distraits firent un tintamarre en sursautant, fous de joie de leur réussite, les autres les visages tristes et crispés, taciturnes pour avoir perdu une année scolaire irrécupérable, allant certes déclencher le mécontentement de leur famille respective, qui va assurément les priver de nombreux avantages pendant les vacances d’été.

Cette scène pleine d’enseignements va changer le cours de ma vie entière en décidant péremptoirement et unilatéralement, d’aller m inscrire a l’école pour l’entrée scolaire prochaine 59-60, et ce en dépit de mon âge avancé.

Début juillet 1959 reste et restera pour moi une date indélébile a marquer d’une pierre blanche, car ce fut le jour de mon inscription a l’école publique tant espérée, qui va certes me permettre d’apaiser mon spleen du moment.
Accompagné de ma sœur Halima, que Dieu Tout Puissant l’ait en sa miséricorde ; une de mes sept sœurs qui était la plus humaine et aussi la plus disposée a rendre service même a autrui, qui accepta volontiers de se faire passer pour ma mère auprès de la Direction récemment installée dans cette école de garçons juifs, dont l’ouverture officielle pour les Musulmans aura lieu en septembre de la même année 1959.

Malgré mes treize ans au compteur et moustachu de surcroit, après tant d’efforts louables nécessaires pour éclairer sa lanterne sur mon inscription, grâce a l’insistance soutenue de ma sœur Halima qui a réussi finalement mon admission comme élève en première année élémentaire a l’ex-école des garçons juifs sise en face de la ferme « Saniat BelAbbaria ».

Le reste des garçons Juifs ont été déplacés a lécole adjacente des filles juives, regroupement oblige, et ce pour des raisons de sécurité, et aussi en raison de leur nombre devenu de plus en plus réduit suite aux événements du 20 aout 1955, qui ont donné lieu a des départs hâtifs et massifs vers la Palestine et autres pays étrangers.

Selon une enquête menue probablement en Isral par MM. Abdellatif El Azizi et Taïb Chadi, on compte aujourd hui pas moins de 1000.000 de juifs d’origine Marocaine vivant dans l’état Hebreu, alors que selon les statistiques de 2012 de l’OCDE 150 000 Isralo-Marocains sont nés en Isral, dont les membres de cette communaté occupent depuis des décennies des poste- clés dans presque tous les domaines, notamment sur le plan politique au sein des gouvernements précédents (deux ministres font partie du nouveau gouvernement de Netanyahu), et de nombreux députés dans le Knesset (Parlement isralien). Certains parmi eux étaient a leur arrivée animés par un esprit de vengeance contre une population Palestinienne, qui se trouve au bout du compte privée malheureusement de toute défense légitime et efficace de la part de la Communauté internationale, également de la part de certains responsables civils et militaires de nombreux pays même Arabo-musulmans, qui sont devenus au fil des jours des marionnettes aux mains des Américains et des Israliens, qui dirigent présentement le monde a leur guise après avoir suffisamment affaibli et mis a genoux la Russie, pour devenir incontestablement les gendarmes du monde. Ces deux pays qui font cavalier seul et sèment a tous azimuts et bien s»re a leur convenance, la zizanie et provoquent des guerres fratricides dans un monde Arabo-Musulman en pleine ébullition, loin de leur propre pays, mènent de concert depuis presque une décennie, une guerre acharnée et sans merci contre tout ce qui est Islam ou Musulman. A vous de juger !

Comme dit l’adage Marocain :
“Celui qui se vante être le plus fort, finira par être affaibli et humilié”

Elmostafa ABDOUSSE
Eljadida.com

Auteur/autrice