Rencontre : La culture en périphérie

Quand la périphérie devient un centre d’intérêt, que ses jeunes se transforment en acteurs décisifs dans le développement de la société et que la culture se transforme en un véritable levier d’évolution humain et économique, ce n’est pas forcément un projet d’avenir ou une politique a appliquer dans le futur, mais c’est bel et bien une réalité que vit notre Maroc actuel.

Une réalité qui a inspiré la Fondation de l’Institut international du théâtre méditerranéen pour en faire un sujet de rencontre a El Jadida. Cette dernière, intitulée « Culture, jeunes et périphérie » se tient depuis mardi 12 avril et se poursuit jusqu au 16 avril prochain. Elarbi El Harti, directeur de cet événement, nous explique : «Nous vivons un moment historique de l’émergence de la périphérie, qui est reflétée dans la volonté du pays de s’engager dans la régionalisation avancée. d’où le choix de la périphérie et le choix de la jeunesse qui est un élément indispensable pour la démocratisation du pays. »

Cette rencontre a ainsi pour objectif de rompre avec le caractère renfermé des rencontres interculturelles et de s’ouvrir au dialogue civil, d’être au rendez-vous avec le populaire, en concentrant son action sur les jeunes et sur la culture participative. Organisé par la Fondation IITM, dans le cadre du programme Al-Moutamid, et les associations Doukkala et Mazagan City, cet événement original prévoit un programme riche et varié qui fait des jeunes ses vedettes principales et de la place publique son grand théâtre. Elarbi El Harti explique sur ce point qu il « s’agit d’entretenir une relation ouverte entre l’espace civil et la parole des jeunes. Nous devons offrir la parole aux jeunes dans l’action sociale et culturelle et les pousser a agir dans l’espace civil. »
Afin de réaliser ces objectifs, la Fondation a donné naissance a cette rencontre avec l’association Doukala qui a longtemps œuvré pour la promotion de l’art dans la région et a centré son action sur une nouvelle association, Mazagan City. Toutes les trois ont axé leur travail sur la sensibilisation des festivaliers, participants et public, a la citoyenneté et a la coresponsabilité. Cette nouvelle culture est en effet déterminée par une pensée émergente qui correspond a la construction d’une nouvelle société, plus participative et plus coresponsable.

Cinq jours durant, les habitants d’El Jadida ont rendez-vous avec des créations artistiques originales qui sont le fruit de la collaboration entre les jeunes d’ici et d’ailleurs. Ateliers, pièces de théâtre, débat, spectacles de rue, concerts sont offerts au public. « Nous œuvrons pour la promotion des arts et de la culture dans la ville d’El Jadida et dans sa région. Cet événement correspond parfaitement aux objectifs de notre association.
Il offre une occasion pour les jeunes artistes locaux de se produire dans des conditions professionnelles, de côtoyer d’autres professionnels venus d’horizons différents », déclare Hicham Airoud, vice-président de l’association Mazagan City.

Les ateliers, volet important de la programmation, concernent lors de cette manifestation la danse et l’expression corporelle, l’acrobatie, la jonglerie, les percussions Selon Elarbi El Harti, ces objectifs ne sont pas limités dans le temps. Ils aident a établir un dialogue et un échange entre les artistes marocains et espagnols et permettent aux jeunes de la province d’acquérir de nouvelles connaissances et de les transformer en un savoir-faire a exploiter dans l’avenir. Car la Fondation IITM travaille sur la continuité et compte suivre un plan d’action pour faire de la culture un moyen pour l’intégration des valeurs de la citoyenneté.

Un débat pour les jeunes

Accueillir la périphérie comme acteur de développement humain et économique est une action démocratique qui vise a valoriser les hommes, les femmes et, particulièrement, les jeunes, mais aussi a les responsabiliser. Pour rappeler ces valeurs, les organisateurs tiennent, samedi prochain, un débat qui a pour thème : « culture, citoyenneté et périphérie ». Ce débat est destiné aux jeunes et est animé par eux, ceux de la province d’El-Jadida et ceux qui viennent des différentes villes du Royaume. Il a pour principal thème l’exclusion sociale et la stigmatisation des jeunes, l’absence, le manque d’application ou l’inadéquation des politiques d’intégration et la participation des jeunes dans le domaine social, politique, culturel et économique. Le débat tourne également autour de l’intégration des jeunes comme force propositionnelle et alternative au profit de son entourage.

Khadija SMIRI
Le Matin

Auteur/autrice