Rencontre sur la géopolitique avec le professeur Alain Grunberg : Le Maroc mérite des applaudissements

La section locale de l’Union des Ecrivains du Maroc et la Fondation Abdelouahed El Kadiri ont organisé conjointement le vendredi 10 décembre 2010 a El Jadida une rencontre avec le professeur Alain Grunberg, ancien professeur d’histoire a l’Université François Rabelais de Tours et membre de l’Institut Marocain des Relations internationales, sur le thème de la géopolitique du Maroc.

Devant une assistance nombreuse composée de chercheurs, de professeurs et d’étudiants, l’écrivain Habib Daim Rabbi, modérateur de la séance, a remercié le professeur Grunberg et l’a présenté longuement a l’assistance avant de donner la parole a Abderrahmane Sakhi, directeur de la bibliothèque de la Fondation Abdelouahed El Kadiri qui, pour sa part, remercia l’invité pour sa modestie et son accord pour animer cette rencontre.

Prenant la parole, le professeur Alain Grunberg commença, tout d’abord, par expliquer la signification du mot « géopolitique » et avoua qu il est devenu de nos jours un mot valise et trop commode. Mais en général, précise l’intervenant, c’est un mot qui allie l’espace a la cité et a l’interaction entre cet espace et l’organisation de la vie humaine. Le mot véhicule également un sens plus large dans la mesure où il nous pousse a réfléchir sur les différents liens entre la diplomatie, la stratégie, l’idéologie et l’histoire des idées.

La géopolitique, explique le professeur Grunberg, comporte bien une dimension historique. Si a une certaine époque on a parlé de guerre froide, aujourd hui est venu le temps où on parle de globalisation. Et la, le professeur Grunberg marque une pause pour montrer la différence avec le mot « mondialisation » qui, d’après lui, est plus « angélique ».

Abordant le cas du Maroc, le professeur Alain Grunberg a indiqué dans son intervention que ce pays mérite d’être applaudi. Car en effet, il a entamé un programme ambitieux de réformes dans plusieurs domaines tous azimuts : l’INDH, la baisse de l’analphabétisme et l’infrastructure moderne du port Tanger Med, entre autres. Tous ses efforts de développement comptent beaucoup dans la balance géopolitique d’un pays. d’ailleurs, l’avenir du Maroc passe justement par ce développement qu il faut mener avec énergie et continuer a mener dans tous les domaines. Ceci doit également motiver les Marocains a travailler plus.

D hier a aujourd hui le Maroc par sa situation géographique et son histoire séculaire parait avoir vocation a jouer un rôle de pont entre l’Europe, le Monde Arabe et l’Afrique subsaharienne. l’Europe avait toujours intérêt a avoir en face d’elle un Maroc stable et il est d’ailleurs le seul pays d’Afrique du Nord qui a obtenu le statut avancé.

Si la situation géopolitique du Maroc souffre de quelques contraintes, il n’en demeure pas moins que ses points forts l’emportent. Parmi ces contraintes, le peu d’énergie dont dispose le pays, la fermeture de la frontière avec l’Algérie et la situation politique du voisin mauritanien.

S agissant des opportunités, le professeur Grunberg en a cité plusieurs : la proximité géographique du Maroc du Vieux continent, le tropisme européen vis-a-vis du Maroc, la riche histoire du Royaume et son ouverture sur la science et la technologie moderne et l’importance de la communauté marocaine a l’Etranger. Le professeur Grunberg a également considéré la contrainte énergétique comme une opportunité en soi car elle a poussé le Maroc a surmonter cette difficulté.

La séance fut clôturée par un riche débat avec l’assistance qui a fait part de ses questionnements et ses interrogations sur un sujet délicat et d’actualité. Avec modestie, le professeur Grunberg a essayé d’apporter, dans ses réponses, son point de vue et ses éclairages.


Communiqu (Union des Ecrivains du Maroc)

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